Le 23 mai 2026 avait lieu la 16ᵉ édition du Marathon Photo organisé par le Photo Club de Lille. Le concept de ce marathon est d’avoir 10 thèmes sur lesquels les participant.e.s devront composer et proposer une photo (une photo pour chaque thème par participant.e).
Les thèmes
Les thèmes proposés cette année étaient :
- Soleil dans une cafétéria Édouard Hopper
- Jaune-rouge-bleu Vassily Kandinsky
- Le Bateau Auguste Renoir
- Duel dans les ruines de l’abbaye Saint-Bertin de Saint-Omer Alexandre-Marie Colin
- Passage du commerce Saint-André Balthus
- Vanitas Pieter Boel
- Le Boulevard vu de haut Gustave Caillebotte
- Rive Gauche Catherine Abel
- Golconde René Magritte
- Le Baiser Gustave Klimt
Tous les thèmes étaient donc des tableaux, plus ou moins récents, avec une variété de styles entre le baroque, l’impressionnisme, le surréalisme et l’art moderne. Les thèmes ont été donnés comme suit : deux le vendredi soir, deux le samedi matin, deux autres plus tard dans la matinée, puis à 14h on en a reçu trois et à 16h on a reçu le dernier. Avec un rendez-vous à 17h30 pour le rendu final. La photo proposée devait s’inspirer du tableau, d’un élément du tableau ou du titre. Aucun texte explicatif ou justificatif ne pouvait être proposé, donc le lien devait être évident. Aucune retouche autorisée.
En recevant les premiers thèmes, ma réaction fut : « ». Absolument rien, ni pensée, ni idée ni rien. Puis avec un peu de temps j’ai réfléchi aux thèmes que j’avais et les seules choses qui me venaient étaient des idées de mauvaises recréations des tableaux. J’avais le sentiment que mon imagination était enfermée par les limites du tableau. Étant habitué à la capture spontanée de moments de vie, la composition n’est pas mon fort, ni en termes de compétence ni d’attrait. Tel fut donc ma première réalisation de la journée : je viens de me lancer pour courir un marathon alors que ce dont j’ai l’habitude c’est de faire du vélo. Ça s’annonce compliqué.
Déroulé de la journée
Après l’annonce des thèmes du matin, au parc naturel de Lomme à 9h30, la confusion en tête, avec l’amie qui m’accompagnait, nous nous sommes dirigés vers le prochain point de rendez-vous car nous avions 45 min de route et seulement 1h30 pour y parvenir. Nous étions perplexes, perdus et sans imagination. Nous avons profité d’une boulangerie en face du Rimbaud à Cormontaigne pour prendre un café en essayant de réfléchir à ce que nous pourrions faire, mais rien ne vint. En discutant avec d’autres participant.e.s, la même conclusion était partagée : mais qu’est-ce qu’on peut bien prendre ?
Nous avons reçu 2 nouveaux thèmes dont le passage du commerce qui, pour moi, ressemblait beaucoup au passage des Arts du côté de Notre-Dame de la Treille. Essayant de forcer l’inspiration, nous avons pris la route du vieux Lille. Sur la route, j’ai pris quelques photos de l’Église du Sacré-Cœur de Lille, comme tentative pour le thème du duel dans les ruines. Et malgré le peu d’intérêt de ma photo, cela m’a permis de débloquer et de commencer à tenter plusieurs clichés sur des thèmes différents. Le fait d’avoir commencé à photographier m’a mis dans l’état d’esprit de… photographier (surprenant, n’est-ce pas ?).
Nous avons filé dans le vieux Lille, pris quelques photos tant bien que mal pendant qu’il commençait à faire 32°C à l’ombre, ce qui est 10°C de plus que ce dont j’ai l’habitude. Nous nous sommes enfuis au prochain point de rendez-vous assez vite étant déjà en retard et le lieu éloigné (la moitié de notre temps a consisté à aller aux points de rendez-vous). C’était la pause repas, ce fut donc l’occasion d’enfin se poser un peu ; nous avons tout de même gambadé toute la matinée.
Après le repas, les thèmes furent donnés et cette fois nous sommes allés du côté de Wazemmes. La brigade des tubes jouait à la Braderie et nous espérions trouver des choses plus inspirantes dans un quartier que nous connaissions mieux. J’ai eu l’occasion de prendre de sympas photos des copains de la fanfare et l’amie qui m’accompagnait a profité de la braderie pour créer un bon nombre de ses photos. Nous avons ensuite, encore, courru vers le dernier point de rendez-vous avec le dernier thème puis dès le thème donné nous sommes allés vers le point de rendu, le temps restant étant à peine plus long que le temps de marche.
Fin de journée
Je n’ai pas soumis de photos sur tous les sujets et une de mes photos a été formatée par le Windows du jury en branchant ma clé (je hais Windows). Les photos que j’ai eu l’occasion de prendre sont très loin d’être correctes mais elles existent. Je pense avoir trop essayé de recréer la scénographie du tableau sans mettre ou ressentir quoi que ce soit de ce que je faisais. Mon problème est en partie que les thèmes proposés ne me parlaient pas du tout et étaient, pour moi, très durs à interpréter.
Conclusion
J’ai eu un début, milieu et fin compliqués. Là où je me suis senti le plus à l’aise finalement c’était sur un concert de rue qui n’avait rien à voir avec le marathon. L’exercice est intéressant car techniquement il m’a obligé à davantage prendre le temps de cadrer et composer. Cela ne deviendra clairement pas mon style de photo cependant ; de l’art par composition plutôt que par observation ne m’inspire guère. Une des choses qui m’ont manqué justement c’est ce que j’aime dans la photo et ce n’est ni la technique ni le respect d’un thème mais l’observation de ce qui est, de la vie, des gens. Je pense le refaire l’an prochain, j’essaierai de me concentrer sur quelques sujets que je pourrais faire en prise sur le vif. Et je prendrai un vélo pour éviter de passer la moitié de la journée à aller aux points de rendez-vous.
Si jamais vous hésitez à le faire, tentez. C’était une expérience, que ce soit au téléphone ou à l’appareil (numérique ou argentique). Ou si vous le souhaitez prenez un thème et essayez de faire une photo en 1h de là où vous êtes. Au final, arriver à produire une belle photo qui vous parle n’est pas tant la question. Ce qui compte c’est de prendre du temps à réfléchir à ce qu’on aime et en profiter.